À DEMAIN
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    A demain © Jean-Pierre Maurin
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    A demain © Jean-Pierre Maurin

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    A demain © Jean-Pierre Maurin
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    A demain © Jean-Pierre Maurin

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    A demain © Jean-Pierre Maurin
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    A demain © Jean-Pierre Maurin

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    A demain © Jean-Pierre Maurin
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    A demain © Jean-Pierre Maurin

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    A demain © Jean-Pierre Maurin
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    A demain © Jean-Pierre Maurin

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    Pascale Henry, auteure et metteure en scène de "A demain" © DR
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    Pascale Henry, auteure et metteure en scène de "A demain" © DR

    Pascale Henry, auteure et metteure en scène de "A demain" © DR

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    Aurélie Vérillon © Céline Niezawe
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    Aurélie Vérillon © Céline Niezawe

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    Marie-Sohna Condé © Séré Diane
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    Marie-Sohna Condé © Séré Diane

    Marie-Sohna Condé © Séré Diane

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    09.
    Julien Anselmino © DR
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    Julien Anselmino © DR

    Julien Anselmino © DR

du mardi 28 janvier au dimanche 16 février 2014
du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 16h

Réservez au théâtre ou à la Fnac, Théâtre online

Visionnez l’interview de Pascale Henry / la bande annonce du spectacle


La presse en parle : Pascale Henry interviewée sur BFMTV / Aligre FM
 
Extraits  / Revue de presse




À Demain écriture et mise en scène Pascale Henry

avec Julien Anselmino, Marie-Sohna Condé et Aurélie Vérillon

lumière Léo Van Cutsem, costumes Hélène Kritikos, son Fred Soria et Laurent Buisson, scénographie Michel Rose et Pascale Henry, régie générale Lellia Chimento

« On ne peut être vivant et normal à la fois » Cioran

Retenu contre son gré dans les locaux d’une institution en raison d’une mystérieuse et effrayante blessure, un homme est là, prostré. Il est surtout l’enjeu d’une décision à prendre : que doit-on faire de lui ?

Malgré la peur qu’il lui inspire, celle qui l’interroge cherche à percer le silence. Elle commet sans le savoir un pas de trop.
Cet homme, dont le sort est suspendu à cet interrogatoire, ne sait pas que la nature même des questions qu’on lui pose est l’objet d’une guerre larvée dont il ignore tout. Et qui se trame au-delà des murs de sa rétention.

Une guerre où la course contre le temps et l’obsession du « risque zéro » dressent des murs invisibles entre les êtres. Où ce qui fait pourtant le propre de notre humanité : nos singularités, nos fragilités ou même la souffrance qui traverse nos vies intimes et sociales, n’ont plus droit de cité. Une guerre qui, sous prétexte d’efficacité et sous couvert de compassion, a sans doute la soumission pour mobile et la peur pour conséquence.

A pas de loup, à mots comptés, avec une incroyable tendresse pour les silences qui en disent long, et grâce à trois interprètes d’une rare vibration, A demain tend la main à ce qui nous relie et qu’on voudrait nous retirer. Empruntant à la série télé autant qu’à Kafka, la pièce est comme une enquête lancée à la poursuite d’une intuition : Se serait-il passé quelque chose dans notre perception des désordres humains ?

À demain est un spectacle doux et urgent, qui redonne courage et dignité. On en a bien besoin.



« Cela fait partie du mécanisme
de la domination
que d’empêcher
la connaissance des souffrances
qu’elle engendre »
Teodor W. Adorno

Il faut commencer par dire le fond, ce qui soutient le désir de ce spectacle. Le dire pour exposer le mobile. Puis dessiner la forme.

Partager d’abord les « circuits d’alimentation » de l’écriture qui disparaîtront derrière les répliques, se devineront dans le cours d’un dialogue à l’apparence très simple.

Ce projet de création s’inscrit dans la ligne du travail de la compagnie, dans cette obstination à palper les singularités de la vie contemporaine, à prêter l’oreille aux mouvements qui la font ou la défont, à ce qui vient à l’Homme de neuf dans le langage qui le contient aujourd’hui. Prêter l’oreille, c’est écrire à partir d’une intuition, et la poursuivre. Essayer d’en faire le récit, à tâtons.

Ici peut-être, et qui conduit l’écriture, l’intuition d’un changement de statut de la souffrance humaine, de cette souffrance qui vient avec le vivre. L’intuition d’une guerre menée contre elle. D’une tentative d’élimination recouverte de compassion. Une guerre qui a sans doute la soumission pour mobile et la peur pour conséquence. Une guerre intimement liée à l’idéologie dans laquelle nous baignons. Une guerre dont les effets bouleversent profondément la représentation de l’Homme. Cela nous regarde.

Notre culture s’est édifiée, jusqu’ici, à partir de cette perception, acceptation, même lointaine, que la création (en tant que mouvement de vie) naît des états chaotiques. Sur la reconnaissance au fond, que ce qui souffre en l’Homme, renâcle, s’inquiète, s’évade en plaintes adressées est le signe de sa présence au monde. Que l’impression du malheur est le point de départ du « pourquoi », de cette question posée à l’humanité toute entière et qui a fourni les plus grandes pages de la littérature. Et nous savions confusément par là que la souffrance appartenait à la dimension humaine, voire lui offrait consistance.

Car la souffrance force au retrait, elle est ce couteau qui fend le silence, dénonce le présent, le renverse, le fait surgir comme impropre à supporter la vie, elle est l’aiguillon de l’esprit et le pied-de-biche qui force et appelle la parole. Elle est révolte, elle est langage. Signe de notre condition de sujet resurgissant du simple écoulement des jours.

La souffrance est question vivace posée au présent. Elle porte en elle l’énigme de l’autre et de soi. Que deviendrions-nous privés ou interdits d’accès à cette souffrance du vivre, la nôtre comme celle d’autrui ? Cette souffrance reléguée comme défaut d’humanité ? Comme frein à la bonne marche du monde ?

N’y a-t-il pas là, la promesse d’une violence nouvelle ? et dont nous recevrons les effets ? Qu’est ce que recouvre la farouche volonté de s’en débarrasser ? Qu’est-ce que cet ennui qu’on a d’elle ou cette peur nouvelle qu’elle produit sur nous ?

C’est le sujet de cette pièce.

Aujourd’hui, le quotidien n’est pas avare de fournir des signes de cette torsion nouvelle qui tendrait à faire de la souffrance une maladie, un défaut, au lieu de ce qui appartenait à la condition humaine. Bien qu’exposée partout dans le monde du travail. Par exemple ou qu’on y soit exposé intimement, il semble qu’on ne sache plus quoi en faire, qu’elle n’ait aucun sens que de peser inutilement sur la marche des affaires ou de nous menacer de sortir de la normalité. Il y a là quelque chose de neuf. (Ecrivant à plusieurs reprises le mot « souffrance » ici même, il me frappe justement comme rebutant, impropre à susciter l’intérêt. Oui, même à l’intérieur, il semble que l’interdit pèse…)

J’ai voulu regarder ce que c’était. Me laisser dépasser par les conditions très simples d’un dialogue. Cerner obscurément les enjeux qui se déplacent si l’on déplace le regard sur la souffrance, sur sa fonction. Inviter alors dans le dialogue les nouveaux dispositifs
dans lesquels la parole se déploie aujourd’hui. Sous surveillance par exemple, ou encore entendue dans un répertoire de codifications des comportements humains.

Un dialogue.
Une diagonale.
3 personnages.

Pascale Henry (2012)



Productions :
La compagnie Les voisins du dessous est conventionnée par le ministère de la Culture et de la Communication (DRAC Rhône-Alpes) et le Conseil régional Rhône-Alpes.
Elle est subventionnée par le Conseil général de l’Isère et la Ville de Grenoble au titre de l’aide à la création et à la diffusion.
Production : Compagnie Les voisins du dessous
Coproduction : CDN des Alpes, Théâtre Jean Vilar de Bourgoin Jallieu,
Centre Culturel Théo Argence de Saint Priest.
Avec l’aide des Ateliers de décor de la Ville de Grenoble


/ Identité du Théâtre de l'Aquarium (affiches et tracts) : © Pascal Colrat pascalcolrat.fr / Site internet : © Tada machine tadamachine.com