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    Habitant du bois de Johnny Lebigot
    Habitant du bois © Johnny Lebigot en résidence artistique - 21 décembre 2014 / 21 mars 2015
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    Habitant du bois de Johnny Lebigot
    Habitant du bois © Johnny Lebigot en résidence artistique - 21 décembre 2014 / 21 mars 2015

    Habitant du bois © Johnny Lebigot en résidence artistique - 21 décembre 2014 / 21 mars 2015

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    Habitant du bois de Johnny Lebigot
    Habitant du bois © Johnny Lebigot en résidence artistique - 21 décembre 2014 / 21 mars 2015
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    Habitant du bois de Johnny Lebigot
    Habitant du bois © Johnny Lebigot en résidence artistique - 21 décembre 2014 / 21 mars 2015

    Habitant du bois © Johnny Lebigot en résidence artistique - 21 décembre 2014 / 21 mars 2015

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    Habitant du bois de Johnny Lebigot
    Habitant du bois © Johnny Lebigot en résidence artistique - 21 décembre 2014 / 21 mars 2015
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    Habitant du bois de Johnny Lebigot
    Habitant du bois © Johnny Lebigot en résidence artistique - 21 décembre 2014 / 21 mars 2015

    Habitant du bois © Johnny Lebigot en résidence artistique - 21 décembre 2014 / 21 mars 2015

Habitation artistique de Johnny Lebigot, plasticien
solstice du 21 décembre 2014 > équinoxe du 21 mars 2015

Actualité  : " Au revoir ", fin d’habitation artistique de Johnny Lebigot.

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Johnny Lebigot et La Revue Éclair vous donnent rendez-vous au Théâtre de l’Aquarium pour une visite de La Table : Un nid, des rallonges, un bois, des fantasmes, un jardin, des habitants, un diaporama, des génies, du bois, des branches, des bestioles, un hérisson, des vertèbres, des queues de bœuf, des plumes, des mousses, des os, des herbes, des algues, des insectes, des fleurs, du pollen... Du thé, du café, des pralines... Des promenades pour rejoindre d’improbables théâtres où s’y laisser conter, chanter les pics et les renards... Et courir le garou !


Quand Stéphane et Corine m’ont proposé de venir habiter le bois, j’ai d’abord pensé au loup qui m’a été donné de rencontrer plusieurs fois.

Très rapidement, je me suis fait un récit enchâssé, à trousse chemise, j’ai chantonné les fraises au creux du jour, aimé le chaperon qui les cueille en se pourléchant les babines songeant aux pots de grand maman. Grand-Mé, face de bois, à laquelle aucun prince n’a jamais daigné s’intéresser, trop occupé à courir le bois pour la belle. Ces belles qui ne tardent jamais, une fois baisées, éveillées, une fois reines, à faire porter le bois à leurs maris, les rois, pour quelques bûcherons. Ces Hommes des bois, qui sous couvert d’aller chasser le cerf qui brame au fond, abandonnent leurs mioches à brailler loin de la maisonnée où gueules de bois et volées de bois verts faisaient bon ménage. À moins que, vagabonds, ils n’aient été chargés de perdre le dauphin bâtard à un taillis de la cabane où logent l’ogre, la sorcière et les ours et où la pomme attend toujours d’être croquée.

Je semblais m’éloigner ainsi de mon sujet mais le propre du bois étant de s’y perdre pour mieux s’y retrouver, je m’approchais de mes sujets. À la façon du Petit Poucet, je pourrai ramasser puis semer, mais ayant retenu la leçon et me méfiant comme il se doit des autruches qui sont dans la vraie histoire, ça demandera un peu de temps. Il ne sera pas trop d’une saison, en l’occurrence d’un hiver - où je ne serai pas distrait par la gourmandise (les fraises des quatre-saisons n’étant pas de bois et je crois même une supercherie) - pour faire connaissance tant avec bois, baguettes, branches et florescences, communes ou exotiques, qu’avec la faune qui le peuple, sauvage ou zoologique, et le peuple qui l’habite, l’entretient, le traverse, le régit, y travaille, y drague, y court, s’y promène, s’y entraîne, s’y représente, y joue, s’y détend, s’y prostitue, s’y restaure...

J’irai donc au détour des chemins, à la rencontre des bons plutôt que des mauvais génies. Je cueillerai au pied levé, la tête en l’air, le cul parfois par-dessus tête et peut-être trouverai-je, si on ne me l’a pas déjà offerte, "À la sortie du bois, la corne de bœuf.".

Je tisserai, assemblerai, suspendrai... Je concentrerai le bois dans l’Aquarium ou quelques-unes de ses essences. En somme, je tenterai d’habiter le mieux possible le bois et pour ce faire je commencerai par dresser dans le théâtre une table de bois de Vincennes pour les hôtes qui voudront bien nous y rejoindre. Et si je n’ai qu’un pois à ma table nous le planterons ensemble...



LES HABITANTS DU BOIS

Un projet d’exploration du bois de Vincennes conçu par La Revue Éclair - Corine Miret et Stéphane Olry

François Rancillac nous a proposé de devenir artistes associés au Théâtre de l’Aquarium. Nous y avions joué en 2011 Les Arpenteurs et avions découvert à cette occasion le bois de Vincennes. Le désir de nous lancer dans une exploration au long cours de ce territoire insolite, fantasmatique, aux portes de la ville, nous turlupinait. La proposition de François Rancillac tombait à point ! Elle porte sur trois ans, ou trois saisons. Ce mot « saison » a résonné. Nous voulons nous couler dans ce rythme, nous faire bercer par les variations de la végétation, surprendre par les météores, découvrir les migrations des habitants du bois.

Nous avons découvert que le Théâtre de l’Aquarium abritait un studio permettant concrètement à une personne d’habiter dans le bois. Nous avons donc décidé que quatre artistes y habiteraient, chacun une saison différente. L’hiver 2015, Johnny Lebigot, à qui nous sommes liés par une longue intimité artistique, glanera des graminées, des os, des feuilles, des écorces, et caetera, qu’il sèchera, fera pourrir, liera, tissera et disposera dans une installation plastique portant en germe la scénographie future de notre projet.
Jean-Christophe Marti lui succèdera lors de l’été suivant. Musicien, colporteur de son, compositeur, il sera, lui, en quête des bruits et des chants qui résonnent dans le bois.
Corine Miret, danseuse et chorégraphe, habitera le bois à l’automne. Elle tournera son attention vers les corps en mouvement dans le bois : sportifs, amoureux, oisifs, travailleurs.

Enfin, vous pourrez rencontrer Stéphane Olry dans les bois au printemps 2016. Il tiendra le journal du bois et des rencontres qu’il y fera. Peut-être n’aura-t-il plus rien à écrire ? Peut-être le silence de ces objets, ces musiques, ces danses glanés ou inventés par ses prédécesseurs aura-t-il une éloquence bien suffisante ?

En inauguration de son habitation, chaque artiste organise une Crémaillère à laquelle sont invités des spectateurs. Au terme de sa saison, il présente un Au revoir, le compte-rendu public de son exploration. Les solstices et les équinoxes sont ainsi salués par les habitants du bois et les spectateurs du Théâtre.

Johnny Lebigot est notre premier habitant du bois. Du 21 décembre au 21 mars, il réside à l’Aquarium pour y réaliser son œuvre, sa « Table table, entable-toi ! ».

Une création, Les habitants du bois, interviendra durant les beaux jours de 2017 et rendra compte de ces quatre saisons dans les bois.

La Revue Éclair

/ Identité du Théâtre de l'Aquarium (affiches et tracts) : © Pascal Colrat pascalcolrat.fr / Site internet : © Tada machine tadamachine.com