HAYDN / SCHUBERT
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    Le Quatuor à cordes Leonis © Patrick Berger
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    Le Quatuor à cordes Leonis © Patrick Berger

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    Le Quatuor à cordes Leonis © Patrick Berger
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    Le Quatuor à cordes Leonis © Patrick Berger

    Le Quatuor à cordes Leonis © Patrick Berger

Le Quatuor Leonis, formé en 2004 par de jeunes musiciens diplômés des Conservatoires de Paris et de Lyon, court les festivals et les salles de concert en France et à l’étranger. Désireux de décloisonner la musique dite « classique », il aime autant s’aventurer dans les musiques anciennes et contemporaines, le jazz ou la chanson d’aujourd’hui, que du côté de la danse et du théâtre.

En résidence depuis trois saisons à l’Aquarium, il a proposé le 5 novembre un concert en hommage aux musiciens qui ont connu l’exil. Ses brunch-concerts dominicaux sont devenus “traditionnels“, appréciés tant par leur qualité musicale que par leur convivialité, et font écho aux spectacles de la saison.



Brunch-concert du dimanche 7 février
Brunch à 12h - Concert à 13h

Opus 20 n°5 de Joseph Haydn
quatuor à cordes en fa mineur

Le quatuor à cordes opus 20 n°5, composé en 1772, est considéré comme l’un des quatuors les plus sombres de Haydn. C’est le premier morceau tragique de l’époque classique. En quatre mouvements, allegro moderato, minuetto, adagio, fuga, ce nouveau langage musical ouvre une large gamme d’expressions.

Le violon introduit le premier mouvement, sur un tempo rapide et envoûtant. Les phrases se juxtaposent, la fin de l’une devenant le début de l’autre et le tempo se fait peu à peu modéré puis lent, et la coda, moment musical qui clôt un morceau, passe par les tonalités de ré majeur et de sol mineur avant d’achever dans la tonalité principale de fa mineur. Le dernier mouvement est une fugue dont le sujet principal est un motif standard fréquemment utilisé dans la musique baroque. Particulièrement sévère et violente, la fugue comporte un second sujet porteur d’une structure dramatique. L’œuvre fait appel à de grands contrastes : « On peut imaginer que Haydn a voulu tester toute l’étendue du mode mineur dans cette nouvelle combinaison instrumentale » écrit le musicologue anglais Roger Parker.

Franz Joseph Haydn (1732-1809) est un compositeur autrichien. Il forme avec Mozart et Beethoven la première École de Vienne. Son influence sur la musique allemande est considérable. Il fixe le cadre classique des grands genres comme la symphonie et le quatuor et pose les bases de ce qui deviendra l’orchestration romantique du XIXe siècle. De même, il transforme le quatuor, jusque-là considéré comme une pièce de divertissement, en une œuvre musicale à part entière. Traversé par le mouvement pré-romantique « Sturm und Drang », Haydn tend à une certaine expression dramatique dans sa musique.


La jeune fille et la mort de Franz Schubert
quatuor à cordes n°14 en ré mineur

« La jeune fille et la mort » est peut-être le plus connu des quatuors à cordes de Schubert. Écrite en 1824, cette œuvre aux résonances sombres et tragiques reprend le titre et le thème du lied « der Tod und das Mâdchen » de Matthias Claudius, composé en 1817. La jeune fille (violons) symbolise la vie, la fertilité et la perpétuité. La mort (cordes graves) lui apparaît sous les traits de son amoureux. Elle se veut rassurante et finira par gagner son cœur. Les quatre mouvements qui constituent ce quatuor sont : allegro, andante con moto, scherzo – allegro molto, presto.

Le thème principal, provocant et insistant, se renouvelle sans cesse et s’oppose à un second thème nostalgique et doux. L’air funèbre du lied éponyme est interprété en passant par la rébellion de la jeune fille et son acceptation finale de la douceur dans l’anéantissement. Le tempo est agité lorsque la jeune fille prend la parole, trop jeune pour mourir et révoltée contre l’inéluctable, et est doux quand c’est la mort qui parle : elle a définitivement une connotation positive. Le dialogue devient consolateur, presque amoureux, en écho à cette partie du lied utilisé par Schubert : « Sois courageuse, je ne suis pas cruelle / Tu dormiras apaisée dans mes bras ». Ce quatuor n°14 est empreint de haltes de consolation malgré ses violences.

Franz Schubert (1797-1828) est un l’un des plus grands compositeurs autrichiens du XIXe siècle et le maître incontestable du lied. Créé en 1833, Schubert n’entendit jamais « La jeune fille et la mort » de son vivant. Il l’aurait composé en connaissant sa maladie mortelle (syphilis), ce qui confère à ce lied une portée autobiographique. Entre la maladie, les deuils (en 1827, il participe comme porteur de torche à l’enterrement de Beethoven) et ses œuvres mort-nées, il est rappelé à la fragilité de l’existence et le thème de la mort consolatrice est constant chez lui. Il donnera ce conseil : « À écouter en hiver, mais dans mes lieder, le printemps avec toutes ses fleurs est déjà présent ».



Prochain brunch-concert de Leonis

le dimanche 17 avril à 12h
 
Quatuor n°1 de Benjamin Godard
Opus 135 de Ludwig van Beethoven

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