ANA

THÉÂTRE
Les mercredi 1er et jeudi 2 février à 20h30 Réserver

Laurent Ziserman
Cie Panier-Piano

Baffes. Mauvaise foi. Nouvelle Vague. Ah ouais d’accord je vois le genre ! Cold Song, mais très cold. À table c’est servi ! Allez, elle est bien comme ça, j’y touche plus.

ANA célèbre Maurice Pialat à travers le film culte du début des années 1980, À nos amours, qui nous plonge dans l’intimité d’une famille secouée par les tourbillons de l’amour, du deuil, de la violence, du désir.

Dans une grande fidélité au récit et une vraie liberté d’approche, Laurent Ziserman donne à voir un huis-clos familial intense et physique qui, par la force du théâtre, dit toute la puissance du langage du cinéaste, convoque ses fantômes et incarne des personnages bouleversants de vérité. Un art traversé d’éclats de vérité, d’éclats de vie !

« Pour cette adaptation, je ne souhaite pas que le cinéma s’invite sur le plateau du théâtre, mais je voudrais y inviter Maurice Pialat. Même très modestement. C’est le sens profond de ce projet. Que tout notre travail soit nourri par le sien, son univers, son langage, son esthétique, sa façon de diriger les acteurs... dans un exercice d’inspiration bien plus que d’imitation. » Laurent Ziserman

Durée : 1h30

Distribution / Production

ANA
D’après À nos amours
Un film de Maurice Pialat
Scénario et dialogues d’Arlette Langmann et Maurice Pialat
et Les filles du faubourg
Scénario d’Arlette Langmann

Jeu : Magali Bonat, Benoît Martin, Savannah Rol, Laurent Ziserman
Mise en scène : Laurent Ziserman
Adaptation : Laurent Ziserman et Marion Pellissier
Scénographie : Emmanuel Clolus
Construction et régie générale : François Dodet
Création son : Alain Lamarche
Création lumière : Mathias Roche
Création vidéo : Florian Bardet
Travail musique et voix : Élise Caron et Myriam Djemour
Travail corps : Julien Scholl
Conseil dramaturgie : Yann Dedet et Rémi Fontanel
Œuvres graphiques : Amicie d’Aboville
Voix off : Émile Bailly, Luca Fiorello, Bernard Gaulin

Merci à Arlette Langmann et Sylvie Pialat
Diffusion : Jean-Luc Weinich / Bureau Rustine

Production : Compagnie Panier-Piano
Direction de production : Pauline Barascou-La Table Verte Productions
Coproduction : Théâtre des Célestins-Lyon , Théâtre National de la Criée-Marseille,Théâtre du Bois de l’Aune-Aix en Provence
Avec le soutien de : l’ADAMI, la SPEDIDAM, la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes et la Ville de Lyon
Avec le soutien en résidence de création de : la vie brève - Théâtre de l’Aquarium,
La Factory-Avignon et La Fédération-Cie Philippe Delaigue
Coréalisation : la vie brève - Théâtre de l’Aquarium

Biographie

Laurent Ziserman

Laurent Ziserman s’est formé à l’École de la rue Blanche puis au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris. Il a travaillé au théâtre avec Catherine Hiegel, Marcel Bozonnet, Jean-Louis Jacopin, Bérangère Bonvoisin, Jacques Nichet, Mario Gonzales, Richard Sammut, Nicolas Fleury, Sélim Alik ou encore Jean-Louis Hourdin, Jean-Paul Wenzel, Arlette Namiand et Jean-Christophe Bailly... Il a passé plus de dix ans aux côtés de Claire Lasne-Darcueil. En 2005, il rejoint la compagnie l’Entreprise-François Cervantes puis, en 2016, le Théâtre Permanent de Gwenaël Morin au Théâtre du Point du Jour à Lyon. Il crée la Compagnie Panier-Piano en 2013 et monte Le Kabuki derrière la porte et ANA d’après À nos amours de Maurice Pialat.

Presse

« En s'appropriant À nos amours, Laurent Ziserman fait revivre le génie, l'âpreté et la tendresse de Maurice Pialat. (…) Tissant le film avec le théâtre, Laurent Ziserman n'enferme jamais À nos amours sur un plateau, fuyant le mimétisme avec l'objet filmé. Il fait théâtre autrement : en démultipliant une scène d'engueulades à table jusqu'à se fondre dans le travail du frère qui est ici un réalisateur en devenir et non un écrivain. » - théâtre(s)

« Empruntant un vocable à Claire Denis qui parle « d’ adoption » plus que « d’adaptation » de films, Laurent Ziserman (comédien formé à la Rue Blanche et qui a frayé avec Claire Lasne-Darcueil et François Cervantès notamment) produit exactement cela : un spectacle qui ne trahit pas son maitre sans le vénérer non plus (il est tout a fait antipathique dans le rôle du « vieux ringard de droite » au tout début) mais qui tutoie le sidérant naturalisme qui jaillissait de ses films. » - Nadja Pobel

Aller plus loin

Vingt ans avec le cinéma de Maurice Pialat
par Laurent Ziserman

« À nos amours
Le film est sorti en 1983.
Cette année là j’avais 21 ans et j’étais en DEUG d’Aménagement du territoire à la Fac de Tours. Je me perdais dans les études, et je me cherchais.
Je passais mes soirées aux Studios, multiplex d’art et essai, où je découvrais vraiment l’infinie richesse du cinéma.
Le premier film de Pialat que je me souvienne avoir vu et aussitôt aimé, qui m’a marqué, ce doit être Loulou, le film d’avant A nos amours.
Sans doute parce que j’adorais Gérard Depardieu, depuis Les valseuses.
J’avais 12 ans en 1974, et je vivais à Marcilly-en-Villette, petit village de Sologne, sans théâtre ni cinéma. Je ne lisais aucun livre. Je passais mes journées sur mon vélo.
J’ai du voir Les valseuses un peu plus tard, adolescent, un soir à la télé, assis sur le canapé du salon entre mes parents, mon frère et ma sœur.
C’est Gérard Depardieu et Patrick Dewaere qui m’ont donné envie d’être acteur, qui ont révélé en moi ce désir enfoui, mais j’ai mis des années à le savoir.

Loulou est sorti en 1980, l’année de mes 18 ans.
Je l’ai vu à la télé, il devait y avoir trois TTT sur le Télérama ce soir-là.
Regarder un film à la télé, en famille, avec mon père qui commentait tout, était une épreuve de patience et de concentration.
J’étais très concentré.
En 1981 je passais mon bac, c’était la dernière année où je vivais chez mes parents, avec mon frère. Ma sœur avait déjà quitté la maison.

Je suis parti vivre et étudier à Tours en 1982, l’année du tournage d’À nos amours.
Je quittais à mon tour la maison, et un environnement familial lourd et oppressant. Violences et amours mêlées. Cris (de mon père) et pleurs (de ma mère). Hystérie de tous. Fous-rires, entre mon frère et moi. Spectre du divorce de mes parents… Un monde très familier au cinéma de Maurice Pialat.

J’ai ouvert la porte du Conservatoire de Tours en 1984, poussé par une force obscure et lumineuse. J’ai su presque instantanément que j’arrêterais mes études, et que je ferais tout pour être acteur.

En 1985 je suis « monté » à Paris, avec mes amis du Conservatoire de Tours. Je me souviens y avoir vu Police à sa sortie, cette même année.
Puis Sous le soleil de Satan, deux ans plus tard, l’année où je suis entré à l’Ecole de la Rue Blanche. Je nourrissais ma passion pour le cinéma. J’avais élu Pialat comme un de ses maîtres.

Au début des années 90, grâce à Depardieu (encore lui), on a pu découvrir les films de John Cassavetes, plus distribués en France depuis longtemps. Choc immense, instantané.

Cassavetes et Pialat
Deux cinéastes qui se sont mis à briller pour moi comme deux soleils noirs. Deux cinéastes chez qui, jeune acteur, je me suis abreuvé. Voir leurs films, c’était aller à l’école : une école du jeu, de la liberté, de la vérité. Et de l’amour, même blessé.

J’ai vu Van Gogh à sa sortie, en 1991. Souvenir d’un éblouissement : Pialat est le plus grand réalisateur français ! Pourtant j’adorais Truffaut et Godard.
Cette année-là je sortais moi aussi, comme on dit, du Conservatoire de Paris.
Je me souviens avoir vu Le Garçu le jour de la sortie du film, un après-midi de 1995, et de quitter la salle bouleversé, comme après la confession d’un ami cher. On a visiblement été peu sur le moment à recevoir cette confession. Peut-être avec le temps cela l’a-t-elle rendue plus précieuse, parce que plus intime.

En 1995 j’étais acteur depuis quelques années, je découvrais avec un appétit et une joie immenses ce métier que j’avais choisi.

Maurice Pialat est mort en janvier 2003.
Cet hiver là on devait être en tournée avec Dom Juan et L’homme des bois sous chapiteau, je me souviens qu’il faisait très froid, et on préparait Joyeux anniversaire, avec Claire Lasne-Darcueil… »

Tarifs

≈ BILLET À L'UNITÉ
22€ la place
15€ demandeurs d’emploi l enseignants l plus de 65 ans
12€ moins de 26 ans l groupes à partir de 6 personnes l personnes en situation de handicap l détenteurs du pass 12e
13€ comités d’entreprise partenaires de Ticket théâtre(s) - uniquement via le site ticket-theatres.com
10€ groupes scolaires du secondaire

≈ PASS 2 ÉVÉNEMENTS ET + (hors tarif unique)
Pour une même soirée ou pour plusieurs rendez-vous distincts
Le PASS 2 événements tarif plein : 37€ et vos prochaines places à 15€ Le PASS 2 événements tarif réduit : 27€ et vos prochaines places à 12€
Les offres PASS sont individuelles et ne sont pas applicables à la répétition publique
Leçons de Ténèbres.

≈ BILLET SUSPENDU
Le billet suspendu à 12€ est un geste solidaire qui vise à offrir un billet à un inconnu. Le Théâtre de l'Aquarium s’engage à offrir cette place ou ces places de spectacle à l'un de ses partenaires du champ social.

Accessibilité

Tous nos spectacles sont accessibles aux personnes en situation de handicap moteurs : dans nos deux salles, des emplacements spécifiques sont accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Pour toute la programmation, le dispositif « Souffleurs d’images » est disponible sur demande ici. Un souffleur bénévole décrit et souffle à l’oreille du spectateur aveugle ou malvoyant, les éléments qui lui sont invisibles le temps d’un spectacle.

Pour réserver et être accompagné dans votre venue : Bérengère Marchand, chargée de l’accueil des publics et des artistes (berengere@theatredelaquarium.net / 01 43 74 72 74)

Séances et réservations

Mercredi 1er février à 20h30
Jeudi 2 février à 20h30
© Florian Bardet
© Florian Bardet
ANA, Laurent Ziserman © Florian Bardet
© Florian Bardet
ANA, Laurent Ziserman © Florian Bardet
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