AINSI LA BAGARRE

THÉÂTRE MUSIQUE / CRÉATION
Du jeudi 6 au dimanche 16 janvier 2022, du mercredi au samedi à 20h30, le dimanche à 17h le même soir

Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume - la vie brève

Dans ce spectacle, il sera question de révélation, de brisures et d’ailes froissées. De meringue, de brume et de gros yeux.
Il sera question de lui et d’elle.

Qu’est-ce qui rend une énigme moins énigmatique ? De la situer à proximité d’autres matériaux équivoques. Après Les Dimanches de Monsieur Dézert, Lionel Dray rejoint par Clémence Jeanguillaume inscrit cette nouvelle création, bigarrée et fragmentaire, dans la tradition littéraire de l’énigme.

En prenant pour matériaux de départ certaines nouvelles de Franz Kafka, le duo imagine et compose un monde kafkaïen où les paraboles fleurissent dans d’étroites ruelles, chuchotées de bouches balbutiantes à oreilles anxieuses. Cette épopée musicale et masquée esquisse le portrait d’êtres lunaires inspirés du cinéma muet, de Buster Keaton à Jacques Tati.

Alors, quels seraient les liens entre l'histoire d'un do dièse, les rendez-vous du dimanche, un requin avenant et l'art délicat de l'aphorisme ? Ainsi la bagarre !

« Il est parfaitement concevable que la splendeur de la vie se tienne prête à côté de chaque être et toujours dans sa plénitude, mais qu’elle soit voilée, enfouie dans les profondeurs, invisible, lointaine. Elle est pourtant là, ni hostile, ni malveillante, ni sourde ; qu’on l’invoque par son nom propre, le mot juste et elle vient. C’est là l’essence de la magie qui ne crée pas mais invoque. » Franz Kafka

Durée : 1h10

Distribution / Production

Une création de et avec : Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume
Création musicale : Clémence Jeanguillaume
Collaboration artistique : Jeanne Candel
Scénographie : Jean-Baptiste Bellon
Vidéo : Sarah Jacquemot-Fiumani
Lumière : Gaëtan Veber
Masques : Loïc Nebreda
Photographies : Robert et Shana ParkeHarrison
Remerciements : Alexis Champion, Gwendoline Bouget

Production : la vie brève - Théâtre de l’Aquarium

Coproduction : Le Théâtre de Lorient – Centre dramatique national ;
Le Tandem, Arras-Douai ; Nouveau théâtre de Montreuil – CDN ; Théâtre Garonne, scène européenne - Toulouse ; L’Empreinte, scène nationale de Brive-Tulle ; Le Singe (industrie)
Avec le soutien de la Région Île-de-France et des Abattoirs d’Eymoutiers

Presse

« Dans Ainsi la bagarre, les comédiens et auteurs Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume font briller le registre de l’absurde, avec leur onirisme redevable à Gogol ou Dalí. » Annabelle Martella, Libération

« Un spectacle joyeusement enchanteur, barré, irracontable. Après « Les dimanches de monsieur Désert », vaguement inspiré d’un livre oublié, où Lionel Dray était seul en scène, voici que Clémence Jeanguillaume le rejoint pour une expédition à deux au bout de nulle part amicalement balisée par Kafka. » Jean-Pierre Thibaudat, Mediapart

« Cette création contemporaine de Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume, tous deux comédiens pour l’occasion, nous emmène dans univers surréaliste où l’absurde règne en maître du bon goût. » Quentin Didier, Toute La Culture

« Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume signent et interprètent un étonnant spectacle tout en faux-semblants, faux-fuyants, énigmes et paradoxes, original et touchant, bizarre et beau. » Catherine Robert, La Terrasse

« Passant du rire aux larmes, le duo nous entraîne dans une ronde folle d’émotions, un conte protéiforme et kaléidoscopique qui se nourrit autant de l’étrange vie sentimentale de Kafka, du surréalisme de ses écrits que de multiples références artistiques dont notamment Pierrot le fou de Godard ou certains tableaux de Dali. » L'Œil d'Olivier

« En jeune amoureux à la ramasse et grand réparateur du monde, Lionel Dray est impayable. En fiancée enamourée mais à côté de la plaque, Clémence Jeanguillaume est divine. » Olivier Frégaville Gratian d'Amore, Transfuge

« Ainsi la bagarre convie à un combat cryptique par une série de séquences mêlant paraboles kafkaïennes, dont la plus connue est la porte de la loi du Procès, et saynètes musicales portées par des personnages surréalistes (saisissante Madame Olala qui n’a de cesse de mourir dans d’invraisemblables postures). » Mathias Daval, I/O Gazette

« Une histoire hachée et fragmentée. Pour la comprendre, et s’en régaler, il suffit de laisser sa raison au vestiaire. » Léa Poiré, Mouvement

Rencontre

≈ Le mercredi 12 janvier à l'issue de la représentation
Rencontre et échange après la représentation, avec Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume

Biographies

Lionel Dray
Après des études au conservatoire du 5ème arrondissement de Paris, Lionel Dray intègre en 2006 le Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique ; il a comme professeurs Dominique Valadié, Yann-Joël Collin, Pascal Collin et Nada Strancar.
À sa sortie du conservatoire, il joue dans les spectacles de Jeanne Candel avec la vie brève : Robert Plankett, Nous brûlons, Dieu et sa maman et Demi-Véronique.
Il travaille depuis 2013 dans les créations de Sylvain Creuzevault, Le Capital et son Singe (2014), Angelus Novus Antifaust (2016), Les Tourmentes (2018) et Banquet Capital (2018).
Il répète sa première création Les Dimanches de Monsieur Dézert à Eymoutiers, en Haute-Vienne, dans les anciens abattoirs de la commune que Sylvain Creuzevault a décidé, avec sa compagnie Le Singe, de transformer en théâtre. Le spectacle est créé en août 2018, au Festival théâtre rate, et est en tournée depuis.

Clémence Jeanguillaume
Artiste protéiforme, Clémence Jeanguillaume a commencé son parcours par un diplôme de danse contemporaine passé en 2005.
Musicienne, elle compose depuis plusieurs années pour le spectacle vivant ou le cinéma. Elle compose la musique du Procès de Philippe K. mis en scène par Julien Villa.
Au théâtre, elle joue dans le Banquet capital de Sylvain Creuzevault.
En 2018, c’est en qualité d’auteur, compositeur et interprète qu’elle sort son premier album/spectacle intitulé RACAR sous le pseudonyme de Katchakine.

Aller plus loin

Après Les Dimanches de Monsieur Dézert créé en août 2018 à Eymoutiers et présenté actuellement en tournée, Ainsi la bagarre est le second projet que vous concevez. Quelle est la genèse de ce nouvel opus ?

Le point de départ des Dimanches de Monsieur Dézert était une nouvelle de Jean de La Ville de Mirmont qui retrace la mort d’un homme, employé de bureau au début du XXème, dont la seule passion est de vivre pleinement ses dimanches dans l’expérience d’une ville en plein essor. Comment peut-on faire récit à partir du destin de quelqu’un à qui il n’arrive absolument rien ? À partir de ces questionnements, nous avons esquissé le portrait d’un être lunaire en s’inspirant du cinéma muet et plus particulièrement de celui de Jacques Tati et de celui de Buster Keaton.

J’ai eu envie de prolonger ce travail et de le développer à deux, avec la comédienne et musicienne Clémence Jeanguillaume. Assez naturellement, nous en sommes venus à Kafka dont les mondes sont très proches, bien qu’ils développent une dimension anxiogène plus marquée. Kafka excelle dans l’art de tisser le mystérieux avec le banal.

Les êtres de la pâleur, du bureau, leur rapport anonyme à la société, leur vie sans grand malheur mais sans enthousiasme inspirent notre travail. Leur faculté à absorber la violence ou la douleur sans rejet inspire nos recherches. Nous allons donc creuser cette figure.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous confronter à l’univers de Franz Kafka ?

Ce désir existe depuis longtemps, il a toujours été à la fois assez lointain et très présent, mais dès que je m’en rapprochais, j’étais confronté à une vague de pâleur voire de flottement. Après Les Dimanches de Monsieur Dézert, j’ai senti qu’il fallait plonger une bonne fois pour toutes dans cette matière. Petit à petit, en relisant Le Château, Le Terrier, Le Procès ou encore Les Aphorismes de Zürau, j’ai commencé à formuler et mettre en mots des sensations et des intuitions passées. Entre autres motifs porteurs, nous explorons trois axes principaux : un certain conflit entre tradition et modernité, l’impossibilité de reconnaître et d’accomplir une révélation et un grand sentiment d’exil.

Kafka vivait l’expérience d’une métropole en pleine expansion : Prague est une ville qui induisait une sorte de tension entre son patrimoine architectural et la modernité de ses nouveaux bâtis. Il expérimentait cet arrachement entre l’ancien et le moderne d’une manière très concrète puisqu’il passait d’un quartier ancien à un quartier en pleine construction pour se rendre au bureau.

Dans ses paraboles, matériaux inspirant notre travail, Kafka développe des mondes où des êtres attendent une révélation. Lorsque cette révélation leur parvient, ils ne peuvent ni la comprendre, ni l’accomplir. Se mêle à cela un grand sentiment d’exil. Les personnages qu’il dépeint vivent dans une tradition du déclin, dans un monde qui est engendré par une sagesse qui a disparu.

Cette sensibilité que Kafka fait naître chez nous, beaucoup d’autres l’ont partagée : en premier lieu, Walter Benjamin, Gershom Scholem et Gilles Deleuze. Ces trois penseurs nous accompagnent dans ce cheminement à travers l’œuvre de l’auteur austro-hongrois.

Comment transposez-vous ces matériaux et cet univers pour la scène ?

Nous n’allons pas, bien entendu, nous attacher à monter ou à adapter pour la scène l’une des nouvelles de Kafka. Il s’agit pour nous de transposer son univers et ses motifs au sein d’une écriture aphoristique. Celle-ci suit certaines périodes de la vie de Kafka, notamment lorsqu’il publiait dans des revues sous la forme de feuilleton ; nous nous inspirons de cette forme éclatée et fragmentaire. Comme certains l’ont pratiqué au cinéma, nous puisons dans les sources aphoristiques et l’art de la parabole de cet auteur pour recomposer notre monde kafkaïen.

Vous situez ces nouvelles de Franz Kafka dans une longue tradition littéraire de l’énigme et de la parabole. Que nous apprennent ces récits ?

Kafka avait compris une chose primordiale et qui renvoie à de nombreuses traditions religieuses. Dans les systèmes initiatiques ou d’enseignement religieux, les éléments les plus cachés, les plus importants sont formulés de manière indirecte. On suggère, on voile ce que l’on veut transmettre, pour que les notions transmises soient à la fois pleinement protégées et assimilées. Pour que la transmission opère le plus précisément possible, sans déformation, il est nécessaire de passer par la construction d’un récit. Celui-ci suscite, indéfiniment, de la rêverie et de l’interprétation.

Ici réside tout l’art de l’allégorie ou de la parabole que Kafka investit largement : il voile et il cache. Ce qui s’en dégage est une force qui n’est pas donnée en tant que telle, et dont la manifestation modifie sa portée même.

Quelles autres sources inspirent la création d’Ainsi la bagarre ?

Une œuvre musicale se place au cœur de notre recherche, il s’agit du troisième mouvement de la 8e symphonie de Chostakovitch. Celle-ci a une grande proximité avec nos mondes kafkaïens car elle convoque des sueurs froides, une angoisse crasse, puis bascule de manière très inattendue dans une grande farce avant de revenir à de la terreur. Cette bascule entre farce et terreur est un point très dynamique qui motive notre composition au plateau, composition qui s’épanouit au cœur de la machinerie musicale électronique de Clémence Jeanguillaume.

Nous avons également eu très tôt envie, à l’intérieur du spectacle, de créer une autre forme provoquant de forts contrastes esthétiques, un photoroman inspiré de La Jetée de Chris Marker. Cet art de raconter une histoire en noir et blanc, en très peu de plans, crée un conflit fécond à l’intérieur d’Ainsi la bagarre qui est une forme masquée, colorée et bigarrée. Ce chemin contrasté et cinématographique est en lui-même une nouvelle parabole.

Propos recueillis par Adrien Leroy
Septembre 2021

Tournée

Création : Du 19 au 22 octobre au Théâtre de Lorient
Tournée :
Du 8 au 10 novembre : Tandem, Arras-Douai
Du 6 au 8 décembre : Nouveau théâtre de Montreuil – CDN / Festival Mesure pour Mesure
Janvier : BRUIT, Festival du Théâtre de l'Aquarium, Paris
Du 1er au 2 février : L’Empreinte, Tulle
Du 23 au 26 mars : Théâtre Garonne, scène européenne - Toulouse

À voir aussi

Les Dimanches de Monsieur Dézert d’après Jean de La Ville de Mirmont,
Une création de et avec Lionel Dray

Du 13 au 19 décembre 2021 au Monfort Théâtre, Paris Avec le Festival d'Automne à Paris

Tarifs

≈ BILLET À L'UNITÉ
22€ tarif plein
15€ tarif réduit : demandeurs d’emploi l enseignants l plus de 65 ans l groupes à partir de 6 personnes
12€ tarif réduit : moins de 26 ans l groupes scolaires l adhérents aux associations, comités d’entreprise partenaires de Ticket théâtre(s) - ticket-theatres.com

≈ PASS 2 ÉVÉNEMENTS ET +
Pour une même soirée ou pour plusieurs rendez-vous distincts
Le PASS 2 événements tarif plein : 37€ et vos prochaines places à 15€
Le PASS 2 événements tarif réduit : 27€ et vos prochaines places à 12€

Les offres PASS sont individuelles et ne sont pas applicables aux événements en tarif unique.

Séances et réservations

Jeudi 6 janvier à 20h30
Vendredi 7 janvier à 20h30
Samedi 8 janvier à 20h30
Dimanche 9 janvier à 17h
Mercredi 12 janvier à 20h30
Jeudi 13 janvier à 20h30
Vendredi 14 janvier à 20h30
Samedi 15 janvier à 20h30
Dimanche 16 janvier à 17h

Téléchargement et liens

© Jean-Louis Fernandez
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