GALA RAMEAU, Ensemble Correspondances - Sébastien Daucé
Résidence de création de l'Ensemble Correspondance pour un concert composé d'extraits de quatre œuvres majeures du compositeur Jean-Philippe Rameau, joué les 16 et 17 octobre au théâtre de Caen et le 19 octobre à l'Opéra de Nancy.
Après avoir sillonné le XVIIème siècle depuis de nombreuses années, s’être rapproché du XVIIIème siècle par l’angle du sacré avec Lalande et Campra, l'Ensemble Correspondances avance cette fois sur les plates-bandes de la personnalité la plus emblématique de l’art lyrique des Lumières : Jean-Philippe Rameau. Mieux vaut tard que jamais : c’est également ce que s’est dit Rameau quand il aborde ce genre de la tragédie en musique pour la première fois. Il a alors 50 ans et crée à l’Académie Royale de Musique de Paris son premier opéra. Tout était en germe depuis des années dans cet esprit hautement créatif et s’il a attendu l’occasion de se lancer, ce n’est pas sans avoir préparé au fil des décennies précédentes tous les éléments d’un langage résolument nouveau. Ses recherches théoriques de premier plan, dans la veine du travail des Encyclopédistes, mais aussi ses œuvres religieuses, pour clavecin, pour les salons annoncent l’Œuvre à venir, avec le soutien d’un mécène conquis.
En 1733 donc, l’Opéra de Paris découvre Hippolyte & Aricie de M.Rameau. Le succès est précédé par une vague de surprise : on se demande comment autant d’idées peuvent être contenues dans un seul opéra. Il faudra aux premiers détracteurs probablement y assister plusieurs soirs de suite pour appréhender toute cette matière musicale, d’une richesse alors inouïe… Ce lancement tardif marque un coup de tonnerre, donne lieu à d’innombrables querelles (auxquelles Rameau lui-même prête participation, hautement polémique comme il aime être) mais finalement impose le musicien dijonnais au centre du jeu. Les années qui suivent marquent des succès en série : Castor et Pollux, Dardanus ou Les Indes Galantes amènent le public de l’opéra dans un monde nouveau : celui d’une musique intense, riche et opulente, d’un orchestre aux mille couleurs et d’un sens de la danse jusqu’alors inconnu.
Ce programme vogue au travers de ces premiers opéras de Rameau avec le même fil conducteur qui a animé le compositeur en son temps : servir les voix, composer pour mettre en valeur les grands chanteurs de son entourage. Marthe Le Rochois, immense tragédienne née à Caen, avait incarné les plus grands rôles du répertoire notamment de Lully et Charpentier (dont Médée), Jelyotte et tant d’autres ont été ensuite les serviteurs de l’opéra de Rameau. Comparaison n’est pas raison, mais en 2025, c’est encore du côté de Caen que l’on trouve des voix de premier plan et ce programme donne à entendre le répertoire des premières œuvres de Rameau servant la fine fleur de l’art lyrique d’aujourd’hui, réunie autour de Sabine Devieilhe.
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Programme
Extraits de Hippolyte et Aricie, Dardanus, Les Boréades, Les Indes galantes de Jean-Philippe Rameau
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Avec l'orchestre et le chœur de l’Ensemble Correspondances
Direction musicale : Sébastien Daucé
Soprano : Sabine Devieilhe
Mezzo-soprano : Ambroisine Bré
Ténor : Petr Nekoranec
Baryton : Jean-Christophe Lanièce
Baryton-basse : Lysandre Châlon
Production : théâtre de Caen
Coproduction : Ensemble Correspondances,
Avec le soutien du Millénaire de Caen
Avec le soutien en résidence de création de la vie brève – Théâtre de l’Aquarium